Chapitre 1 · Comprendre la bataille culturelle
Gramsci et l’hégémonie culturelle
Un concept né en prison
Antonio Gramsci, dirigeant communiste italien, est emprisonné par le régime de Mussolini en 1926. Dans ses Cahiers de prison, il cherche à comprendre pourquoi la révolution attendue n’a pas eu lieu dans les sociétés occidentales, alors que les conditions économiques semblaient réunies.
Sa réponse tient en un mot : l’hégémonie. Le pouvoir ne repose pas seulement sur la contrainte de l’État. Il repose surtout sur le consentement, produit dans la société civile : l’école, la presse, les églises, les associations, la culture populaire. Une classe domine durablement quand sa vision du monde apparaît comme le simple bon sens.
Ce que cela change
Si le pouvoir se gagne d’abord dans les têtes, alors :
- Le combat électoral n’est que la dernière étape. Il récolte ce qui a été semé, ou pas, dans la culture.
- La société civile est un champ de bataille. Chaque média, chaque fête de village, chaque série télé participe à définir ce qui est normal, désirable, pensable.
- Le sens commun se construit. Ce qui semble évident aujourd’hui a été imposé hier, et peut être déplacé demain.
La guerre de position
Gramsci distingue la guerre de mouvement (l’assaut frontal, la prise du pouvoir) de la guerre de position (la conquête patiente, tranchée après tranchée, des institutions et des esprits). Dans les démocraties modernes, c’est la seconde qui décide.
À retenir : la victoire idéologique précède la victoire politique. C’est la thèse fondatrice de Momentum.