Chapitre 2 · Décrypter les stratégies de l’adversaire
L’agenda médiatique et qui le fixe
Agenda setting : dire de quoi il faut parler
La théorie de l’agenda setting (McCombs et Shaw, 1972) tient en une phrase : les médias ne disent pas quoi penser, mais à quoi penser. Le sujet qui occupe les plateaux devient le sujet important, quelle que soit sa réalité statistique.
Fixer l’agenda, c’est donc déjà gagner. Celui qui choisit le thème du débat choisit le terrain, et le terrain détermine souvent le vainqueur.
Comment on impose un agenda
- La répétition : un thème martelé chaque jour finit par sembler central.
- Le fait divers érigé en symptôme : un événement isolé devient la preuve d’un phénomène général.
- La question piège : « faut-il interdire… ? » impose déjà la conclusion.
- La saturation : occuper tout l’espace pour que les autres sujets n’existent plus.
Reprendre la main
La gauche subit l’agenda quand elle se contente de réagir. Les rares moments où elle l’a imposé récemment, une proposition fiscale nommée et simple, une pétition citoyenne massive, partagent des traits communs : un objet concret, un nom, une émotion partagée et une mobilisation qui déborde les partis.
À retenir : répondre à l’agenda de l’adversaire, c’est encore jouer sur son terrain. Il faut créer le sien.