Chapitre 3 · Cadrage et sémantique
La fenêtre d’Overton
Ce qui est pensable, dicible, acceptable
La fenêtre d’Overton décrit, pour un sujet donné, l’éventail des idées acceptables dans le débat public à un moment donné. À l’intérieur de la fenêtre : ce qui est « raisonnable », « populaire », puis « politique publique ». À l’extérieur : l’impensable, le radical.
L’enjeu n’est pas de se placer au centre de la fenêtre. L’enjeu est de la déplacer.
Comment la fenêtre bouge
- En énonçant régulièrement des positions situées hors de la fenêtre, on rend les positions intermédiaires « modérées » par contraste.
- En donnant un nom simple à une idée, on la rend discutable, puis familière.
- En l’incarnant dans des figures sympathiques, on la rend acceptable.
C’est ainsi que des propositions jugées extrêmes il y a vingt ans sont aujourd’hui débattues comme des options normales, dans un sens comme dans l’autre.
Pour le camp progressiste
Déplacer la fenêtre demande d’assumer des propositions ambitieuses plutôt que de se caler sur le centre de gravité du moment. Ce qui paraît « irréaliste » aujourd’hui prépare ce qui sera « évident » demain.
Sans compte, votre progression reste sur cet appareil.